Le 24 novembre 2017 Mis à jour le 23 novembre 2017 à 22h06

Le projet Anthony Allepot

STEVE TURCOTTE

Le Nouvelliste

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Shawinigan — Au cœur de cette folle séquence de 12 matchs en 23 jours, les Cataractes ont maintenant rendez-vous avec les Foreurs de Val-d’Or vendredi soir au Centre Gervais Auto.

Ce sera la première visite en Mauricie des Foreurs depuis qu’ils ont éliminé – à la surprise générale – les Shawiniganais en première ronde le printemps dernier.

Le visage de l’équipe de Mario Durocher a toutefois bien changé en l’espace de quelques mois. Le vieux routier pilote un club avec cinq joueurs de 16 ans et autant de 17 ans à bord. Du lot, deux recrues ont été formés en Mauricie, soit Anthony Allepot en Benjamin Dion.

Allepot représente un dossier intriguant. Voilà un jeune homme de 16 ans qui est passé directement de la LHPS au junior majeur. 

Fier produit des Panthères du CMI, le défenseur de 6’2’’ et 176 livres a été un choix de deuxième ronde au dernier encan de la LHJMQ. Qui aurait parié là-dessus trois ans plus tôt, alors qu’il n’avait pas été retenu au sein de la structure élite des Estacades? «La première fois que je l’ai vu, il jouait peewee CC. Je me suis tout de suite aperçu de son potentiel. Je ne connaissais pas son nom, ni ses parents. Il n’était pas très grand à l’époque. Mais il avait de beaux outils à sa disposition», se rappelle Francoeur. 

À l’époque, le jeune Allepot hésitait entre le basket-ball, la passion de son papa et de sa sœur, et le hockey. Après avoir rencontré Francoeur avec ses parents, il a choisi d’aller à contre-courant dans la famille! «Chapeau à lui, il a fait tous les efforts pour que ça fonctionne. Quand il s’est joint à nous, son contrôle de la rondelle était exécrable. Graduellement, il a pris confiance. Il ne s’est pas découragé car il partait de plus loin que les autres. C’est un bel exemple de ténacité. Son contrôle de la rondelle est rendu une de ses forces», constate Francoeur, qui lui prédit un bel avenir. «Il entre dans le moule des nouveaux défenseurs avec de l’agilité et de la vitesse. Mais il a 6’2’’. Il est impressionnant pour un gars de son gabarit. S’il continue de se développer, je crois qu’il sera repêché dans la LNH l’an prochain.»

Allepot a du millage à aller chercher d’ici là. Durocher voit les outils de son protégé. Il constate toutefois que la marche est haute entre le réseau scolaire et le circuit Courteau. «En termes de vitesse d’exécution et de compréhension du match, la différence est énorme. Je vois Anthony progresser tout au long de l’année. La clé dans son cas, c’est la patience. Sa vitesse et son contrôle de la rondelle sont impressionnants pour un gars de sa taille. Il y a beaucoup de choses à travailler autour. 

Je sais qu’il aimerait que l’apprentissage soit plus rapide, mais il faut accepter de laisser le temps faire son œuvre.»

Durocher trace un peu le même parallèle avec Benjamin Dion, qui défendait les couleurs des Estacades midget AAA la saison dernière. «Lui aussi, il a besoin d’un peu de temps pour prendre de la maturité physique. Il est en train de s’habituer au rythme du junior. Il a été impliqué dans une première bagarre hier (mercredi), il a bien fait ça. Quand il va prendre confiance, il sera un bel atout pour l’équipe.»

Les jeunes Foreurs flirtent actuellement avec la barre des ,500, au 12e rang du classement général. Ils ne sont toutefois qu’à cinq points de la sixième place, preuve de la parité installée dans la ligue. S’il n’en tenait qu’à lui, Durocher garderait ses vétérans en place pour guider les plus jeunes et tenterait même peut-être d’ajouter un ou deux éléments pour causer des surprises. Mais à l’écouter parler, on devine que ce n’est pas le plan de ses patrons. 

«Moi, je veux gagner. Mais la décision ne m’appartient pas. Ce que je sais par contre, c’est que c’est toujours mieux d’élever des jeunes dans la victoire plutôt dans la défaite, même si c’est plus dur à créer comme environnement. Même Sidney Crosby, à 16 ans, l’Océanic avait pris le soin de bien l’entourer…»