Articles de journaux

Cette section vous permettra de consulter les articles qui traiteront de l’AHDF, du DLTJH ainsi que des Panthères de L’AHDF du Collège Marie-de-l’Incarnation. Venez consulter la section souvent, elle sera mise à jour régulièrement et vous serez de plus en mesure de retracer les anciens articles.

Quelle belle cuvée de joueurs nés en 2003!!

C’est plus de 12 joueurs actuels et anciens qui ont été sélectionnés lors du repêchage de la LHJMQ 2019 à Quebec samedi dernier!!

Bravo à tous ces jeunes et leurs parents pour les sacrifices et efforts!!


De gauche a droite sur la photo

Guillaume Richard, repêché par les Tigres de Victoriaville, 1ère ronde 8e au total

Jacob Guevin, repêché par les Saguenéens de Chicoutimi, 2e ronde 29e au total  

Vincent Trudel, repêché par les Phoenix de Sherbrooke, 9e ronde 153e au total

Anthony Bedard, repêché par l'Armada de Blainville-Boisbriand, 2e ronde 23e au total

Mathis Ross Shawinigan, repêché par les Cataractes de Shawinigan, 6e ronde 97e au total

Alexandre Marchand, repêché par l'Armada de Blainville-Boisbriand, 3e ronde 47e au total

Antoine Belanger, repêché par les Tigres de Victoriaville, 12e ronde 205e au total

Thomas Pichette, repêché par les Cataractes de Shawinigan, 8e ronde 129e au total



Absents sur la photo :

Zachary Bolduc Rimouski, repêché par l'Océanic de Rimouski, 1ère ronde 14e au total

William Rousseau, repêché par les Remparts de Québec, 5e ronde 80e au total

Medrick Bolduc, repêché par les Huskies de Rouyn Noranda, 6e ronde 108e au total 

Félix Demers, repêché par le Drakkar de Baie-Comeau,14e ronde 249e au total

Publié le jeudi 9 mai 2019


Martin Leclerc


BILLET - Les entraîneurs des programmes de hockey américains sont plus présents que jamais dans les arénas québécois. Ils courtisent les meilleurs talents avec empressement. Et plus que jamais, les athlètes et leurs familles semblent répondre positivement à leurs avances.

À titre d’exemple, la semaine dernière, l’exceptionnel défenseur Tristan Luneau, des Estacades de Trois-Rivières (midget AAA), a semé la consternation dans le monde du hockey en annonçant qu’il s’était engagé auprès de l’Université du Wisconsin en vue de la saison... 2022.

Luneau, qui a célébré son 15e anniversaire en janvier dernier, évoluait exceptionnellement à titre de joueur de 14 ans dans la Ligue midget AAA cette saison. Il était déjà établi comme le tout premier choix du repêchage de la LHJMQ de 2020. Plusieurs soutiennent qu’il sera un choix de premier tour dans la LNH en 2022.

La nouvelle de son engagement avec les Badgers du Wisconsin a même été relayée par les médias de cet État américain.

« Le départ de Luneau fait très mal à la LHJMQ. C’est vraiment dommage. Aux Jeux du Canada, il était le seul défenseur de 14 ans d’Équipe Québec (qui a remporté la médaille d’or). Et il était supérieur aux six autres défenseurs de la formation », dit un recruteur comptant plusieurs décennies d’expérience dans la LHJMQ.

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Le printemps dernier, Thomas Bordeleau, qui était censé être l’un des cinq premiers choix du repêchage de la LHJMQ, a tourné le dos au hockey junior pour se joindre au programme national de développement des États-Unis. Sa double citoyenneté (il est le fils de l’ex-joueur du CH Sébastien Bordeleau) lui permettait de le faire.

Face à des joueurs plus âgés que lui durant toute la saison, sans le savoir, Bordeleau a peut-être contribué à faire la publicité des jeunes hockeyeurs de la Ligue midget AAA. Il a bouclé la saison au 1er rang de la formation américaine des moins de 17 ans avec une récolte de 16 buts et 23 passes en 56 matchs.

Plus d’une dizaine d’universités tentent de le recruter.

Dimanche dernier, le gardien Devon Levy, des Lions du Lac-Saint-Louis, a été nommé meilleur espoir midget à sa position lors du Gala des champions de la Ligue midget AAA. Repêché dans la LHJMQ il y a deux ans, et maintenant âgé de 17 ans, Levy a officiellement annoncé ce printemps qu’il se joindra à l’Université du Vermont.

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Le repêchage de la LHJMQ en 2019 risque toutefois de battre tous les records en matière d’exode de talents.

Lundi, des équipes de l'USHL, le circuit junior américain, qui est en quelque sorte l’antichambre du hockey universitaire de la NCAA, ont sélectionné neuf joueurs du Québec et des Maritimes que la centrale de recrutement de la LHJMQ place parmi ses 21 meilleurs espoirs en vue du repêchage junior de juin prochain.

En 2012, les lecteurs de cette chronique avaient appris qu’un défenseur québécois de 15 ans, Raphaël Maheux, avait été sélectionné par une formation de la USHL. Il s’agissait d’un événement exceptionnel. Maheux avait toutefois fini par opter pour les Cataractes de Shawinigan de la LHJMQ.

Selon les experts consultés sur le terrain, la sélection de neuf joueurs par l'USHL cette semaine constitue un phénomène sans précédent.

« C’est trop », tranche le vétéran recruteur cité plus haut. Pour les besoins de cette chronique, ce dernier a demandé à ce que son anonymat soit préservé.

« Auparavant, on voyait peut-être un ou deux joueurs répertoriés au cinquième tour choisir l’option américaine. Là, ce sont des joueurs de première ronde qui sont visés », ajoute l’expert en recrutement, sous-entendant ainsi que la situation n’est pas acceptable.

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Depuis toujours, de jeunes espoirs et leur agent ont brandi la menace de s’expatrier aux États-Unis dans l’espoir de décourager les équipes juniors les moins nanties (ou les moins bien situées géographiquement) de les sélectionner au repêchage. Ces menaces cachent habituellement une entente secrète conclue préalablement avec une équipe choisie par le joueur et sa famille.

« Des agents exploitent cette situation pour choisir leur équipe. Ça fait partie du jeu, je suppose. Mais ce ne sont pas toutes les équipes de la LHJMQ qui ont les moyens de se livrer à ces surenchères. Il y a d’ailleurs de fortes rumeurs qui circulent au sujet d’une équipe des Maritimes qui aurait déjà conclu une entente du genre avec l’un des cinq meilleurs attaquants disponibles au repêchage », dit ce recruteur.

Malgré cela, au bout du compte, il est clair qu’un nombre inhabituel d’espoirs de haut niveau mettront les voiles. Parmi eux, les défenseurs Zachary Bolduc et Jacob Guévin, tous deux des Estacades de Trois-Rivières, et Guillaume Richard, du Séminaire Saint-François.

Zachary Bolduc, un talent exceptionnel, se joindra l’an prochain au nouveau programme prep school de Mount St. Charles dans le Rhode Island. Même si plusieurs programmes universitaires prestigieux le courtisent, Bolduc préfère ne pas se fermer de porte.

« Zachary profitera de la prochaine année pour améliorer sa maîtrise de l’anglais et pour visiter des campus universitaires. Il sera ainsi en mesure de faire un choix éclairé qui tiendra compte de ses intérêts académiques et de la qualité du programme de hockey offert », explique son conseiller familial, André Ruel, de la renommée agence CAA, dirigée par Pat Brisson.

Le nouveau programme de Mount St. Charles, supervisé par l’ex-joueur de la LNH Bryan Berard, est dirigé par des hommes de hockey issus d’un programme de hockey AAA « Selects Academy », qui a aligné plusieurs dizaines de joueurs de la LNH au fil des ans.

Guillaume Richard jouera pour sa part à l’Université du Maine, où l’on retrouve un entraîneur adjoint québécois, l’ex-joueur de la LNH Ben Guité.

De son côté, Jacob Guévin s’est engagé auprès de l’Université du Nebraska à Omaha (UNO), qui comptera sur un grand nombre de Québécois au cours des prochaines années, dont le gardien William Rousseau, ainsi qu’un autre défenseur, Joaquim Lemay.

L’un des entraîneurs adjoints de l’UNO est Dave Noël-Bernier. Originaire de Montmagny, Noël-Bernier a joué son midget AAA à Sainte-Foy avant de s’exiler au Nebraska pour y jouer dans les rangs universitaires. Il a été entraîneur pendant plusieurs années dans l’organisation des Red Wings de Détroit.

Depuis son retour à l’UNO, Noël-Bernier pige allègrement dans la banque de talents québécois. L’automne dernier, il a aussi recruté Alexandre Roy, un défenseur du Cégep André-Laurendeau.

 Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

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« Ça me chicote d’assister à ça parce que la LHJMQ fait de gros efforts pour améliorer l’encadrement des joueurs en ce qui a trait aux études. Par expérience, je sais aussi qu’un grand nombre de joueurs reviennent déçus de leur expérience aux États-Unis », mentionne le recruteur cité plus haut.

Les lecteurs attentifs auront remarqué qu’un grand nombre de joueurs optant pour les universités proviennent de la Mauricie. La majorité d’entre eux ont porté les couleurs des programmes du Collège Marie-de-l’Incarnation et du Séminaire Saint-Joseph, dirigés par l’entraîneur Denis Francoeur.

Des intervenants de la LHJMQ blâment Francoeur pour cet exode. Les joueurs de son académie disputent des matchs aux États-Unis et visitent des campus américains depuis le début de leurs études secondaires. Mais d’autres perçoivent dans cette mouvance un phénomène de société beaucoup plus large qui résulte probablement de la montée fulgurante du hockey scolaire au Québec.

Claude Morin, qui chapeaute les programmes sportifs du Cégep André-Laurendeau, organise depuis neuf ans un camp d’évaluation au bénéfice de joueurs désireux de faire le saut dans la NCAA. Bon an, mal an, une douzaine d’entraîneurs américains s’y rendent pour y dénicher des talents.

Le prochain camp Apex aura lieu du 17 au 19 mai. Depuis 2011, 68 joueurs y ayant participé ont soit joué, soit obtenu des engagements de la part de programmes de la NCAA.

« Le nombre de joueurs d’âge midget qui participent à notre camp a doublé au cours des quatre dernières années », constate Morin.

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« Notre job consiste à présenter toutes les options à nos clients », explique pour sa part André Ruel.

Avant, les parents ne voulaient même pas entendre parler de l’option américaine. Maintenant, ce sont eux qui nous demandent d’explorer cette avenue. Et ils sont très bien renseignés. Les jeunes n’ont plus peur de s’expatrier pour jouer au hockey. Faire une heure et demie d’avion pour aller jouer à Chicago ou à Halifax, c’est quoi la différence?

Un autre agent, Dominic De Blois, qui agit à titre de conseiller auprès de la famille Tristan Luneau, va dans le même sens.

« Il y a des équipes du junior majeur qui manquent d’encadrement. Je ne parle pas de bourses universitaires, mais bel et bien d’encadrement du joueur au quotidien. Les familles sont au courant de ce qui se passe. Sans nécessairement aboutir dans la NCAA, elles veulent au moins avoir des options. Si la LHJMQ fait ses devoirs, elle pourra se servir de cette compétition pour s’améliorer au lieu de chercher des coupables. Quand on jouit d’un monopole, on n’a pas souvent l’occasion de se remettre en question », estime De Blois.

« Les représentants des universités se déplacent pour rencontrer les parents. Leur recrutement est beaucoup plus combatif. Il va falloir que les équipes juniors se mettent à la page », renchérit André Ruel.

Phénomène ponctuel ou nouvelle tendance? Ce sera à surveiller. Et ces événements s’avèrent une autre bonne occasion de réfléchir à la mise sur pied d’un véritable réseau de hockey universitaire au Québec.

20 mars 2019

VINCENT GAUTHIER

Le Nouvelliste

TROIS-RIVIÈRES — Les protégés de Denis Francoeur seront vraisemblablement de plus en plus nombreux dans le circuit de la NCAA au cours des prochaines années. Après Guillaume Richard et Joakim Lemay, voilà que Jacob Guévin a également décidé de poursuivre son apprentissage au pays de l’Oncle Sam. En vertu d’une entente verbale, le défenseur de Saint-Léonard-d’Aston endossera l’uniforme des Mavericks de l’Université d’Omaha à compter de la saison 2022-2023, avec une bourse d’études complète en poche.

«J’ai bien pris le temps de réfléchir à l’offre depuis quelques mois. Ça faisait partie de mes objectifs d’aller aux États-Unis et je pense que c’est la meilleure option pour mon développement à long terme. Ils m’ont montré leurs installations et elles sont extraordinaires», mentionne celui qui a évolué cinq années au sein du programme des Panthères de l’Académie de hockey Denis Francoeur, avant de faire le saut avec les Estacades de Trois-Rivières midget AAA.

Cette saison, Guévin s’est justement avéré un rouage important de la formation de l’entraîneur Frédéric Lavoie, dans le réseau midget AAA. En 42 rencontres, il a amassé 25 points, soit la troisième meilleure récolte parmi les arrières recrues du circuit Lévesque. Il a ajouté cinq points en quatre matchs au Challenge midget AAA en plus de sept mentions d’aide en neuf matchs de séries éliminatoires.

Le patineur de Saint-Léonard-d’Aston rejoindra l’Université d’Omaha, au Nebraska, à compter de la campagne 2022-2023, avec une bourse d’études complète en poche.

À travers cette campagne fort chargée, il a aussi trouvé le temps de contribuer à la conquête de la médaille d’or du Québec lors des Jeux du Canada, une première en 32 ans. «J’ai eu une année au-delà de mes attentes. Je voulais profiter de cette première année midget AAA pour me faire connaître et je pense que ça s’est très bien passé», explique le défenseur droitier à caractère offensif qui a soufflé 16 bougies en janvier.

Chez les Mavericks, Guévin retrouvera un visage familier puisque Joakim Lemay doit y faire son entrée un an plus tôt, lors de la saison 2021-2022. «Je le connais bien, c’est un très bon ami. On s’est beaucoup parlé de la possibilité d’aller jouer là-bas. Ce n’est pas nécessairement sa présence qui m’a poussé à aller là. Mais de connaître quelqu’un dans un nouvel environnement, c’est toujours un plus.»

Au fil des ans, l’Université d’Omaha a fourni quelques joueurs à la Ligue nationale de hockey. Parmi ceux-ci, on retrouve entre autres le partenaire de jeu de Sidney Crosby chez les Penguins de Pittsburgh, Jake Guentzel, ainsi que des joueurs tels que Greg Zanon, Josh Archibald, Andrej Sustr et Dan Ellis.

Guévin est bien conscient que son choix jettera une douche d’eau froide chez les recruteurs de la Ligue de hockey junior majeur du Québec. En raison de son brio cette saison, il n’aurait pas été impossible qu’il entende son nom résonner en première ronde du prochain encan du circuit Courteau.

«Je vais essayer de ne pas changer d’idée! Le téléphone a déjà commencé à sonner depuis que j’ai annoncé mon choix. Une des raisons pour lesquelles j’ai hésité, c’était la possibilité que je sorte en première ronde. Je vais devoir passer par-dessus ça et rester avec l’objectif que je m’étais fixé depuis longtemps», souligne celui qui n’exclut pas de disputer une deuxième saison avec les Estacades midget AAA l’an prochain, avant de mettre le cap définitivement sur les États-Unis.

3 mai 2019

MATHIEU LAMOTHE

Le Nouvelliste

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Trois-Rivières — Le circuit universitaire américain est en train de devenir une voie de plus en plus populaire pour les jeunes hockeyeurs québécois. Après le défenseur des Estacades de Trois-Rivières midget AAA Tristan Luneau en début de semaine avec l’Université du Wisconsin, c’est au tour du gardien de but de l’équipe M18 du Vert et Or du Séminaire Saint-Joseph, William Rousseau, de s’engager avec l’Université du Nebraska.

Si tout se passe comme prévu, le petit-fils de l’ancien joueur des Canadiens de Montréal, Bobby Rousseau, devrait joindre les Mavericks à compter de la saison 2022-2023. Le jeune athlète qui termine présentement son quatrième secondaire se dit emballé d’avoir reçu une telle offre de la formation qui évolue dans la National Collegiate Hockey Conference (NCHC)

«Ils me donneront une bourse qui couvrira 87 % des coûts. Il ne restera que ma nourriture à payer. La situation des gardiens là-bas est telle qu’ils ne peuvent pas donner de bourse complète», explique-t-il fièrement avant d’ajouter que deux autres joueurs de la région, Joaquim Lemay et Jacob Guévin, se sont également engagés envers le même programme.

D’ici là, le protégé de Denis Francoeur continuera son développement au Québec, du moins pour la prochaine saison. Même s’il prend présentement part au processus de sélection des Estacades midget AAA en prévision de la prochaine saison, il indique que les chances sont tout de même très bonnes qu’il soit de retour pour une dernière saison avec le Vert et Or, qui évolue dans la Ligue de hockey préparatoire scolaire du Québec.

Il devrait d’ailleurs être imité par plusieurs de ses coéquipiers. Ces athlètes-étudiants devraient donc tous terminer leurs études secondaires à l’intérieur des murs de la maison d’enseignement de la rue Laviolette au lieu de s’aligner avec les Estacades de Frédéric Lavoie.

«Je garde toutes les portes ouvertes. [Si je fais l’équipe], je prendrai ma décision finale à la fin du camp d’entraînement du midget AAA», poursuit-il.

Par la suite, le gardien de but envisage de s’expatrier au pays de l’Oncle Sam pour la saison 2020-2021. Il aimerait bien pouvoir évoluer dans une formation de la United States hockey league (USHL), le plus haut calibre de compétition de niveau junior au sud de la frontière, ou bien pour un prep school.

«J’aimerais aller du côté américain afin de pouvoir m’habituer à l’environnement, notamment à suivre des cours en anglais, avant d’entrer à l’université», mentionne celui qui faisait partie de l’équipe du Québec qui a remporté la médaille d’or aux derniers Jeux du Canada.

Hockeyeur... et pilote?

Rêvant de devenir pilote d’avion une fois que sa carrière de hockeyeur sera terminée, l’adolescent avoue que le fait que l’Université du Nebraska soit l’une des seules à offrir une telle formation et à avoir un programme de hockey de haut niveau l’a poussé à accepter l’offre.

«Je veux devenir le premier joueur de hockey qui va piloter l’appareil dans lequel son équipe voyagera», lance-t-il.

Pour le responsable du programme de hockey du Séminaire Saint-Joseph, Danny Dupont, d’autres membres de l’équipe M18 pourraient prochainement obtenir des offres similaires à celle qu’a reçue William Rousseau.

«Les jeunes le méritent, car ils ont fait les efforts que ça prenait, autant du côté académique qu’au hockey, et ça payait. On leur propose des options, autant au Canada qu’aux États-Unis, et ce sont eux qui prennent les décisions», dit-il.

LHJMQ: la porte reste ouverte

Comme les choses peuvent changer rapidement dans le monde du sport, le gardien de but ne rejette pas l’idée d’évoluer dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) un jour. Il a d’ailleurs pris part au dernier Défi Gatorade, qui avait comme objectif de mettre en valeur le talent des joueurs admissibles en vue du repêchage qui se déroulera au mois de juin.

Publié le 

BILLET Martin Leclerc, La Presse

Un simple communiqué de Hockey Quebec, parfois, peut contenir de véritables trésors d'information
Jeudi dernier, HQ a dévoilé l’identité des 20 joueurs de moins de 16 ans sélectionnés pour représenter le Québec aux prochains Jeux du Canada. Et ce qui saute particulièrement aux yeux lorsqu’on consulte cette liste, c’est que plus du tiers de la formation, soit sept joueurs, a été formé dans la région de la Mauricie.

Pourtant, parmi les 14 régions administratives chapeautées par Hockey Québec, la Mauricie possède l’un des cinq plus petits bassins de joueurs. L’an dernier, on n’y retrouvait que 243 équipes masculines comparativement, par exemple, à 696 dans la région du Lac-Saint-Louis, à 851 dans Laurentides-Lanaudière ou à 966 dans la région de Québec-Appalaches.

Ce qui rend la sélection de ces sept joueurs encore plus exceptionnelle, c’est que parmi les 60 joueurs sélectionnés pour faire partie d’Équipe Québec lors des trois précédents Jeux du Canada (2015, 2011 et 2007), on ne retrouvait que deux joueurs (3,3 % de l’ensemble du groupe) ayant fait leur apprentissage du hockey en Mauricie.

La question qui tue : que s’est-il passé dans cette région?

Comment un bassin de joueur ne constituant que 4,1 % des effectifs de la fédération peut-il soudainement développer 35 % d’Équipe Québec?

S’agit-il d’un simple hasard ou encore d’une sorte de cuvée exceptionnelle? Ce sont des hypothèses. Mais il y en a aussi une autre...

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Il y a près de deux ans, j’écrivais dans ces pages que la Mauricie était le plus effervescent laboratoire du hockey québécois. Je soutenais dans cette chronique que cette région, malgré son bassin de joueurs restreint, s’avérait désormais une sorte de nirvana pour les jeunes hockeyeurs désireux de progresser au hockey.

D’abord, dans cette région, le monopole du hockey civil avait été brisé. Les hockeyeurs et leur famille avaient désormais la liberté de faire un choix. La structure civile des Estacades (d’excellente qualité) était désormais en compétition avec le programme du collège privé Marie-de-l’Incarnation (CMI), chapeauté par Denis Francoeur et inspiré des méthodes de développement finlandaises et scandinaves. Le Séminaire Saint-Joseph (SSJ), une autre institution privée dont la structure de hockey était supervisée par Danny Dupont, permettait à un autre groupe de joueurs de profiter d’un encadrement optimal.

En plus d’avoir l’embarras du choix, les jeunes joueurs de la Mauricie avaient l’occasion de participer à l’une des plus audacieuses expériences jamais tentées dans le monde du hockey canadien.

Denis Francoeur est un entraîneur chevronné qui a dirigé des équipes jusque dans la LHJMQ. Il y a une dizaine d’années, en s’inspirant du modèle de développement à long terme de l’athlète (DLTA), il a eu le génie d’imaginer un programme de hockey équilibré (encourageant la pratique d’autres sports) et particulièrement axé sur le développement des habiletés individuelles offensives.

Ce programme était planifié pour accompagner des joueurs nés en 2003 (à l’époque d’âge prénovice) jusqu’à la fin de leurs études secondaires(Nouvelle fenêtre). (Je vous encourage à lire cet hyperlien parce que les jeunes d’âge pee-wee dont il était question dans cet article de 2015 sont les mêmes dont on parle dans cette chronique.)

La fin de l’histoire est fabuleuse : 25 % des joueurs d’Équipe Québec 2019, nés en 2003, ont fait la quasi-totalité de leur apprentissage au sein du programme de hockey scolaire chapeauté par Denis Francoeur!

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Il y a deux ans, de nombreux sceptiques croyaient qu’une telle répartition de programmes allait signifier la mort du hockey d’excellence en Mauricie. Le quotidien régional Le Nouvelliste en avait même fait une manchette.

Or, les résultats sont stupéfiants et semblent démontrer que la liberté de choix et la saine compétition pour ce qui est de la qualité d’encadrement entre les différents programmes se sont avérées extrêmement bénéfiques pour les athlètes.

Parmi les sept joueurs d’Équipe Québec ayant fait leur apprentissage en Mauricie, on retrouve :

  • Tristan Luneau, un exceptionnel défenseur de 14 ans (il est le plus jeune de l’équipe) ayant toujours cheminé au sein de la structure civile.
  • William Rousseau, un gardien dont le parcours entier (depuis le deuxième cycle du primaire) s’est fait au hockey scolaire (au CMI et au SSJ) sous la supervision de Denis Francoeur.
  • Jacob Guévin, un défenseur qui a fait tout son apprentissage au CMI avant de choisir de faire le saut, cette saison, avec les Estacades de la Ligue midget AAA.
  • Guillaume Richard, un arrière originaire de la région de Québec (Cap-Santé), mais qui a fait son apprentissage au CMI. Richard a choisi cette saison de jouer dans la Ligue midget AAA avec le Séminaire Saint-François.
  • Anthony Bédard, un attaquant ayant cheminé au CMI depuis le primaire, et qui s’est joint à la structure des Estacades depuis deux ans.
  • Zachary Bolduc, un attaquant qui a aussi choisi le parcours du CMI et qui s’est joint aux Estacades cette saison.
  • Maxime Pellerin, qui a fait une partie de son apprentissage au Collège Clarétin (une autre école membre de la Ligue de hockey préparatoire scolaire) et qui a décidé de faire le saut avec les Estacades cette saison.
  • Pour quiconque connaît l’histoire récente de Hockey Québec, cette liste relève presque de la science-fiction. Et c’est tout à l’honneur du nouveau DG de Hockey Québec, Paul Ménard, qui a négocié l’an dernier avec Mathieu Darche la fin de la quasi-guerre religieuse qui existait entre la fédération et le hockey scolaire.

    Au sein d’Équipe Québec, on retrouve un joueur évoluant toujours au hockey scolaire et une multitude d’autres qui sont parvenus à passer d’une structure à l’autre par choix, sans pression et sans être reçus comme des chiens dans un jeu de quilles, comme c’était auparavant le cas dans certaines régions, du moins.

    ***

    Lorsqu’on lui demande de commenter la merveilleuse émergence de sa première cohorte de hockeyeurs, Denis Francoeur se place immédiatement en retrait.

    « Je n’ai pas la prétention de donner du talent à qui que ce soit. Nous avons eu la chance de nous retrouver en présence d’athlètes talentueux et nous avons tenté de mettre en place des conditions pour les aider à atteindre leur plein potentiel », répond-il.

    « Ces jeunes ont été choisis parce qu’ils ont le talent, parce qu’ils sont passionnés et parce qu’ils sont des gagnants. Et quand je dis cela, je parle aussi d’autres sports. Certains ont connu du succès au baseball, au golf ou dans d’autres sports qu’ils ont pratiqués dès leur jeune âge, et ça les a sans doute aidés dans leur développement. »

    Au cours des derniers mois, Denis Francoeur avoue avoir ressenti de la déception en voyant cinq élèves-athlètes choisir de quitter le hockey scolaire pour se joindre au programme midget AAA des Estacades, supervisé par Frédéric Lavoie, l’un des plus prometteurs jeunes entraîneurs québécois. En même temps, Francoeur trouve cette liberté de choix tout à fait saine pour les athlètes.

    « Au sein de notre programme, les gens peuvent arriver et partir quand ils le veulent. C’est certain que c’était décevant de voir partir des jeunes qui étaient avec nous depuis le début pour tenter l’aventure midget AAA puisque nous prônons depuis le début qu’il n’est pas nécessaire de suivre la route traditionnelle pour gravir les échelons du hockey. Mais cette nouvelle expérience sera bénéfique pour eux, et elle leur permet de connaître autre chose. Aussi, les responsables du midget AAA sont heureux de recevoir des joueurs formés chez nous », dit-il.

    « Les succès de nos joueurs nous confirment par ailleurs que nous sommes sur la bonne voie. En plus d’Équipe Québec, nous recevons plusieurs signaux positifs depuis quelques années. Deux de nos joueurs (Frédéryck Janvier et Anthony Allepot) ont percé des alignements du junior majeur à 16 ans en sortant directement de notre école. Et nos joueurs se sont distingués dans plusieurs compétitions de haut niveau, même à l’étranger. »

    ***

    Depuis cette saison, l’organigramme hockey a quelque peu changé en Mauricie.

    Assisté de Danny Dupont, Denis Francoeur et son académie chapeautent désormais les programmes des deux institutions privées mentionnées dans ce texte. L’an dernier, le Collège Marie-de-l’Incarnation et le Séminaire Saint-Joseph (qui étaient encore récemment de grands rivaux) ont effectivement décidé de fusionner leurs volets hockey. Le CMI se concentre désormais sur le hockey scolaire des élèves du primaire, tandis que le Séminaire Saint-Joseph les accueille au secondaire.

    Peu importe, cette formidable expérience continue. Les jeunes de la Mauricie ont toujours le choix entre deux structures distinctes qui sont gérées par des entraîneurs compétents et qui rivalisent d’imagination pour leur offrir le meilleur encadrement possible.

    Et désormais, les structures civile et scolaire travaillent main dans la main et placent les intérêts des athlètes à l’avant-plan. Il y a quelques semaines, Danny Dupont travaillait de concert avec les représentants des Estacades pour composer l’équipe masculine qui représentera la Mauricie aux Jeux du Québec.

    Nous avons d’incroyables cerveaux et énormément de gens bien intentionnés au sein de nos structures sportives au Québec. C’est beau à voir lorsqu’on les laisse s’exprimer.